Un mur en plaque de plâtre neuf demande un traitement à part

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Une cloison en plaques de plâtre neuve semble offrir la surface la plus simple à peindre : lisse, droite, sans les irrégularités d’un vieux mur en plâtre traditionnel. Cette apparence trompe pourtant beaucoup de chantiers, car le support n’est jamais homogène sous la surface, et la peinture révèle sans indulgence ce que l’œil ne voyait pas avant application.

Une porosité qui change d’une zone à l’autre

Une plaque de plâtre neuve n’absorbe pas la peinture de la même façon sur toute sa surface. Le carton qui recouvre la plaque, les bandes de jointoiement posées entre deux plaques et l’enduit qui les recouvre présentent chacun une porosité différente. Une peinture appliquée directement, sans traitement préalable, se répartit donc de façon inégale : elle pénètre plus profondément dans les zones de bande, plus poreuses, et reste davantage en surface sur le carton, plus dense. Le résultat, une fois sec, montre des différences de brillance ou de teinte à peine perceptibles de face, mais nettement visibles sous un éclairage latéral.

L’impression spécifique, une étape à part

Pour uniformiser cette absorption avant la peinture de finition, une impression spécifique pour plaque de plâtre s’impose, distincte d’une sous-couche généraliste utilisée sur un mur en plâtre traditionnel ou déjà peint. Ce produit, plus liquide, pénètre le carton et les bandes de façon comparable et neutralise l’essentiel de l’écart de porosité constaté entre les deux matériaux. Sauter cette étape sous prétexte que le mur paraît déjà lisse revient à peindre directement sur un support dont l’absorption reste, en réalité, hétérogène sur toute sa hauteur.

Le ponçage des bandes, et les traces en lumière rasante

Avant même l’impression, les bandes de jointoiement doivent être poncées avec soin pour effacer la légère surépaisseur qu’elles forment naturellement par rapport au reste de la plaque. Un ponçage insuffisant laisse une bande à peine surélevée, invisible sous un éclairage frontal mais parfaitement lisible en lumière rasante, en particulier le soir sous un éclairage bas ou en fin de journée quand le soleil rase la surface du mur. Cette ligne fantôme, visible à chaque bande, reste l’un des défauts les plus fréquents relevés sur des cloisons neuves pourtant peintes avec soin.

Le dépoussiérage qui suit ce ponçage compte tout autant que sur un mur ancien : la poussière fine issue de l’enduit de jointoiement, si elle n’est pas retirée, s’intercale entre la plaque et l’impression et compromet l’accroche uniforme recherchée. Cette étape, décrite plus largement pour tout type de support dans notre méthode de préparation, ne se négocie pas davantage sur une plaque neuve que sur un mur ancien à reboucher.

Le temps de séchage compte autant que le produit choisi

L’enduit de jointoiement appliqué sur les bandes met plus de temps à sécher complètement en profondeur qu’en surface, en particulier lorsque plusieurs couches ont été nécessaires pour noyer correctement la bande. Une peinture appliquée sur un enduit encore humide en son cœur peut, quelques semaines plus tard, laisser deviner une légère différence de teinte à l’endroit exact de la bande, une fois l’humidité résiduelle enfin évacuée à travers le film de peinture. Ce délai varie selon la saison et le taux d’humidité ambiant de la pièce en travaux, ce qui explique qu’un même chantier mené en plein été et un autre en plein hiver ne suivent pas tout à fait le même calendrier avant la mise en peinture.

Dans une construction neuve, l’ensemble des cloisons en plaques de plâtre relâche aussi une humidité de chantier plus générale pendant plusieurs mois, liée aux enduits, aux chapes et aux mortiers encore en cours de séchage à l’échelle du bâtiment entier. Peindre trop tôt dans ce contexte, même avec une impression spécifique parfaitement choisie, expose au même risque de tache diffuse qui n’apparaît souvent qu’après plusieurs saisons de chauffe.

Composée de plâtre pris en sandwich entre deux feuilles de carton, la plaque de plâtre est un matériau dont la structure et les usages sont détaillés par l’article que Wikipédia lui consacre, une lecture utile pour comprendre pourquoi ce support, en apparence uniforme, se comporte en réalité comme deux matériaux distincts sous la peinture. Anticiper cette différence évite aussi de mal évaluer la quantité de produit nécessaire, souvent sous-estimée sur ce type de support neuf.


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